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Patrimoine

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Histoire
Mouthe hiver 1978
C’est à la fin de l’année 1077 que Simon de Crépy, Comte de Vallois (1048-1101) retiré à l’Abbaye de Saint-Claude (Jura), trouva avec quelques compagnons un refuge que la tradition place dans les forêts du Haut-Jura, près de la Source du Doubs. Ils y construisirent quelques « cabanes ». Simon fit d’abord élever un Hermitage qui subsista et se transforma au XIIème siècle en un petit prieuré rural dépendant de l’abbaye de Saint-Oyen de Joux.

La « Motte », nom traditionnellement donné aux maisons situées au milieu des bois, donna son nom à cet ensemble d’habitations, il s’appela successivement « Muthua », « Mutua », « Mote » pour à partir de 1485 être baptisé « Mouthe » dont le Val porte le nom.

C’est la présence des moines qui attira à partir de 1120 les premiers colons. Des villages vont peu à peu voir le jour dans les clairières : Crouzet et Gellin (1266), Sarragois (1296) Boujeons, Les Pontets et Reculfoz (1331)

En 1296 une charte fixe les coutumes du Val de Mouthe et en 1635, les neufs villages de la Seigneurie de Mouthe (Mouthe, Sarrageois, Gellin, Boujeons, Rondefontaine, les Pontets, Reculfoz, le Crouzet, Petite-Chaux) compte 3933 habitants.

De 1635 à 1645 pendant la guerre de 10 ans (10 ans : épisode comtois de la guerre de 30 ans) la haute vallée du Doubs perd les 2/3 voir les ¾ de ses effectifs. Mouthe qui était alors un village plus considérable qu’aujourd’hui, se voit en proie à toutes les horreurs de cette invasion et est réduit en cendres.

En 1657, la seigneurie des 9 villages ne compte plus que 1197 personnes.

crédit photo : Philippe VUEZ

Durant les XVII et XVIIIème siècles de nombreux problèmes de délimitations territoriales avec la Suisse et les Seigneuries voisines se posent. Après la guerre de 10 ans, les Vaudois profitent de la faiblesse des Hauts Jurassiens pour imposer le partage des territoires et poser des bornes le long de la frontière (1648-1649). Les querelles se poursuivront tout au long du XVIIIème siècle.

En 1789, les biens du prieuré sont vendus à des particuliers ou aliénés en faveur de la communauté.

Au cours du XIXème siècle, l’agriculture demeure la principale activité mais s’oriente de plus en plus vers l’élevage. En 1899 le siècle sera couronné par la mise en service du tramway.

Pendant la guerre de 1914-1918 le village de Mouthe déplorera 36 pertes humaines.

Le 4 septembre 1944, le village de Mouthe est libéré par la 3eme Compagnie du 3ème régiment de tirailleurs Algériens.

Mouthe hiver 1978

C’est en 1974 que sera créé le SIVOM de Mouthe, (Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple), regroupant 13 communes (Le Brey, Chapelle des Bois, Chatelblanc, Chaux-Neuve, Le Crouzet, Gellin, Mouthe, Petite-Chaux, Les Pontets, Reculfoz, Rondefontaine, Sarrageois et Les Villedieu) pour favoriser la mise en place de toute une infrastructure touchant le tourisme et les sports d’hiver. (En janvier 2002 le SIVOM fera place à la Communauté de Communes des Hauts du Doubs)

En février 1980 le Val de Mouthe accueillera la première édition de la Transjurassienne qui sera le début d’un événement qui se tiendra dès lors chaque mois de février.

L’enfant du Pays, Fabrice GUY, remporte la médaille d’or aux jeux Olympiques d’Alberville en « combiné nordique » en 1992.

Décembre 2005, après l’installation des canons à neige, financièrement aidée par le Conseil Général, la SDD (Source du Doubs Développement), grâce à cette contribution et avec le soutien de la Commune, a pu se lancer dans la mise en place d’un téléski à enrouleur : le premier installé dans le massif du Jura et même dans les Vosges.


Nature
crédit photo : Philippe VUEZ
1/ Le massif du Jura

Grand ensemble montagneux de l'Est de la France et de Suisse occidentale, entre les Alpes et les Vosges. Il a la forme d'un grand croissant de 300 km de long, et de 70 km de large au centre, dont la convexité est face au nord-ouest. Il dépasse au sud la vallée du Rhône, atteignant Aiguebelle à la hauteur de Chambéry ; au nord-est, il s'arrête au-dessus d'Aarau, 30 km à l'est de Bâle. Son nom viendrait d'un vieux terme iuris évoquant une montagne boisée, et se prononce ioura en germanique.
Du point de vue géologique, il correspond à un vaste accident surélevant des terrains surtout jurassiques, particulièrement exhaussés du côté des Alpes par le même mouvement général de surrection lié à la tectonique des plaques. La partie proche des Alpes est vigoureusement plissée (Jura plissé), la partie plus éloignée (Jura des plateaux) associe des blocs de terrains à dominante calcaire et massifs, cassés par endroits et coinçant localement quelques plis. On distingue en Franche-Comté deux grands niveaux de plateaux, dénommés Premier et Second Plateau, le plus extérieur vers 600-700 m, l'autre vers 900-1 000 m.
Le Jura est devenu un modèle pour l'étude de certaines formes du relief, précisément dit jurassien : l'érosion fluviale a pu trancher des plis en cluses (terme local venant de l'idée de lieu clos) aux parois calcaires spectaculaires ; elle a pu dégager des combes dans les terrains tendres éventuellement présents au cœur de plis anticlinaux (les monts), couronnées par de hautes parois calcaires donnant aux crêts leur profil dissymétrique caractéristique; et, à l'occasion, certains fonds de val aux roches très résistantes (en principe un pli synclinal) se sont retrouvés perchés. Cluse, combe**, crêt*, mont et val sont des termes très génériques qui peuvent désigner localement toutes sortes de reliefs, mais auxquels les géomorphologues ont attribué des significations restreintes et bien établies dans l'analyse de reliefs plissés. 
*Un crêt désigne un sommet dans la chaine du Jura
**Une Combe est une forme typique du relief jurassien. Il s’agit d’une vallée creusée au sommet et dans l’axe d’un pli anticlinal. Elle est dominée de chaque coté par des versants escarpés, les Crêts. La dépression se forme grâce a l’érosion de la voute du pli.

2/ Faune et Flore

crédit photo : CDT

Une Nature généreuse et saluée pour sa Faune et sa Flore…
Abrités par la diversité des milieux naturels, animaux et végétaux cohabitent aisément. Un milieu riche et admirablement conservé.

Des fleurs, à foison.

De par sa situation et son élévation, le Jura est très arrosé et enneigé, et son climat est froid et sec en hiver. Sa couverture végétale se partage entre forêts, surtout de résineux (épicéas notamment) et prairies naturelles.

Dans les plaines comtoises, les Orchidées, Narcisses et Ombellifères abondent. Plus haut, sur la montagne, ce sont les Gentianes, Lys, Crocus, Soldanelles et Trolles d'Europe qui s'imposent. Et bien plus bas, dans les tourbières formées par les mousses aquatiques, les Iris d'eau et le Drosera, plante insectivore, poussent tranquillement. Ainsi, les couleurs prolifèrent et caractérisent les paysages du Val de Mouthe, de vrais petits paradis pour les botanistes.

crédit photo : CDT

Une faune caractéristique

Cachés sous les chênes, hêtres ou sapins, les animaux sont à l'abri. Des plus petits, Fourmis Rouges, Gélinottes et Martres, Fouines, aux plus grands, Chevreuils, Sangliers et Cerfs, les populations sont très nombreuses. Signalons également deux espèces de nouveau en expansion : le très protégé Grand Tétras (gros coq de bruyère au riche plumage) et le Lynx Boréal, vivant dans les forêts sauvages du Jura et des Vosges. L'activité agricole traditionnelle est l'élevage laitier et fromager, où règne la Pie-Rouge Montbéliarde, seule tolérée (avec sa cousine la Simmental) pour des appellations contrôlées comme le comté ou le morbier. Les contraintes de la vie montagnarde avaient incité à des formes de travail coopératif dont témoignent les fruitières, fromageries communautaires où chacun apportait (et souvent apporte encore) son lait, et les utilisations communes de la forêt.

Issus de l'eau

Il va de soi que les cours d'eau profitent aussi à de nombreux animaux. Les Bécassines, Courlis Cendrés ou encore Busards ont fait des marais leur terrain d'élection. De leurs côtés, Truites, Corégones et Brochets arpentent les rivières et lacs. Et enfin, profitant des grottes creusées par les eaux, les Chauves-souris jouent aux gentils vampires dans les sous-sols de la Franche-Comté.


Dictionnaire Francomtois

Affouage : répartition par feu (famille) des produits de la forêt dans de nombreuses communautés jurassiennes ; le terme n'est pas propre à la région.

Baroichage : communauté civile et religieuse ancienne dans le Jura ; le nom dérive de paroisse et fut porté spécialement par la communauté de Pontarlier, que dirigeaient des «barons bourgeois», non nobles mais jouissant de franchises à l'instar des nobles.

Cancoillote : fromage fondu fabriqué à partir de la présure du lait entier (méton) puis affiné ; il est livré en pots d'environ 200 grammes. Le nom vient de la prononciation comtoise du «caillé».

Chalot : grenier à grains isolé, en bois et toit de lauzes, dans le Sud des Vosges et région sous-vosgienne vers Saint-Loup-sur-Semouse ; un inventaire de 325 unités a été réalisé par l'Association «le Pays du Chalot», sise aux Forges dans les Vosges et certains sont en voie de restauration.

Clavelin : bouteille de 62 centilitres utilisée pour le vin jaune du Jura, jadis dénommée «anglaise». Sa production fut une spécialité de la verrerie de La Vieille-Loye jusqu'à sa fermeture en 1931. Le nom vient d'un patronyme répandu en Jura. La normalisation européenne a failli en avoir raison, mais les vignerons jurassiens ont réussi à faire entendre raison à la Commission en 1984.

Cluse : passage plus ou moins étroit, tranchant un mont dans le Jura et faisant ainsi communiquer deux vals ; certaines sont empruntées par des rivières, et parfois ont des allures de défilés ou de gorges, dominés par de hautes parois calcaires ; il advient que des combes soient évidées à partir de cluses.

Combe : en général, dépression topographique assez marquée ; spécialement en relief jurassien : partie d'un mont que l'érosion a réussi à évider dans les terrains tendres du pli sous la carapace de la couche dure de calcaires, dont les rebords escarpés sont alors des crêts.

Comtoise : célèbre horloge traditionnelle, de forme haute et à balancier de cuivre, qui fut une spécialité des villages des hauts plateaux jurassiens.

Crêt : en général, relief dissymétrique vigoureux, correspondant à la partie haute d'une couche dure inclinée, laissée en relief par l'érosion ; la paroi du crêt est généralement abrupte, son revers est moins incliné. En relief jurassien, les crêts dominent une combe, ou forment les rebords externes d'un val perché (ou synclinal perché).

Culée : v. Reculée

Emposieu : puits naturel, gouffre dans les pays calcaires du jura ; équivalent d'aven ou igue dans les Causses ; contrairement à ce qu'écrivent certains sites suisses, ce n'est nullement l'équivalent d'une doline, qui est une petite dépression fermée de faible profondeur dont les eaux s'écoulent parfois par un emposieu, mais pas nécessairement.

Fruitière : à la fois coopérative et fromagerie dans le massif jurassien, surtout pour la fabrication du comté, à la taille d'un village ou d'un gros hameau.

Joux : terme général pour de grandes forêts, notamment de résineux.

Layetier : artisan qui fabriquent des layettes, c'est-à-dire de menus objets et surtout des boîtes en bois, plutôt longues et plates, spécialement pour l'horlogerie, la mercerie et divers emballages, même de fromages ; le mot reste employé dans le Jura du côté des Rousses et notamment à Bois-d'Amont (musée de la Boissellerie).

Méton : v. Cancoillote.

Mont : au sens très général du terme, s'ajoute en relief jurassien un sens particulier qui correspond au relief d'un pli anticlinal dont la couche dure reste continue ; les formes en sont très variables selon la structure du pli (symétrique, dissymétrique, «coffré» et dans ce cas présentant un plateau sommital, etc.). Certains monts sont tranchés par des cluses.

Pessière : forêt d'épicéas.

Reculée : relief en forme de cirque, caractéristique des têtes de vallée échancrant un puissant escarpement de terrains calcaires, et dont la forme tient en partie aux circulations souterraines des eaux en roche perméable ; on dit aussi culée, voire cul, c'est le même mot imagé, mais reculée est euphémisé et met l'accent sur l'érosion régressive.

Ruz : échancrure torrentielle au flanc d'un mont en relief jurassien ; en réalité ce mot est assez peu employé et, localement, a simplement le sens de vallon.

Sotolon : v. Vin jaune.

Surséance : acte par lequel on surseoit à une attribution ou à une action. Une terre en surséance était une terre dont les souverains prétendant à sa possession renonçaient provisoirement à faire valoir leurs droits. Au pied de la Vôge, plusieurs petits fiefs autour de Saint-Loup-sur-Semouse, de Vauvillers à Fougerolles, très disputés entre Lorraine et Franche-Comté (donc Empire) après la mort de Charles le Téméraire, se sont trouvés ainsi en surséance, et donc ni français, ni lorrains, ni comtois, de la fin du 15e siècle à des dates variables, allant jusqu'au début du 18e : deux siècles de quasi-indépendance dans un espace tampon, qui fut en général préservé des guerres, notamment des ravages du 18e siècle, et put prospérer assez tranquillement en tirant parti des échanges entre Vosges et plaines, et des industries de l'époque. Il en est resté sans doute quelque chose dans l'accumulation d'ateliers et de savoir-faire, voire dans la réussite de certaines entreprises. Une zone franche avant la lettre, mais dans le bon sens, celui de l'abri et de la paix.

Tuyé, ou tué : grande cheminée de pierre au centre de la maison rurale comtoise, dont elle supportait le toit et qu'elle chauffait en entier; elle servait aussi au fumage des charcuteries. Plusieurs «fermes à tuyé» sont classées et certaines servent de musées, comme celle du Montagnon à Fournet-Luisans (canton de Pierrefontaine-les-Varans) ou celle de Grand-Combe-Châteleu dans le canton de Morteau.

Val : au sens très général du terme, s'ajoute en relief jurassien un sens particulier qui correspond au relief d'un pli synclinal plus ou moins évasé.

Velle : radical assez fréquent dans les noms de villages comtois, et qui n'est qu'une forme d'évolution de la villa gallo-romaine.

Vin jaune : le vin jaune de Chalon vieillit durant six ans sous un voile de levure qui assure sa madérisation, consécutive à l'apparition du sotolon. Ce composé chimique (4,5-diméthyl.3-hydroxy.2(5H).furanone), formé par l'évolution d'un acide aminé, la thréonine, en présence de l'éthanol, donne au vin son goût de noix (ou de rancio) caractéristique. Titrant au moins 13°, le vin jaune est issu de raisins du cépage savagnin, dont on ne cultive guère que 50 ha dans 5 communes, sur les marnes bleues à bancs calcaires du Lias supérieur ; il est livré en clavelins de 62 centilitres ; la production est strictement contrôlée: la récolte de 2001, de qualité insuffisante, a été entièrement déclassée. On fait aussi autour de Château-Chalon du vin de paille, qui n'est cependant pas une appellation, mais un vin corsé (plus de 14,5°) obtenu à partir de grappes séchées pendant six semaines sur paille ou sur claie.

Vy : forme d'évolution de l'ancien vicus gallo-romain, qui se trouve en Franche-Comté dans des noms de villages et qui équivaut au vic d'autres régions (ou gui en Bretagne).

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